La liberté de circulation des capitaux et les libertés démocratiques sont en relation inverse, affirme Chomsky. Le « droit de vote » accordé aux investisseurs, qui peuvent désormais faire tomber une économie en retirant leurs capitaux, équivaut à une interdiction de fait des politiques qui pourraient leur nuire. Keynes, qui fut le négociateur Britannique à Bretton Woods, considérait que le plus grand succès de la conférence avait été la possibilité donnée aux états de restreindre la circulation des capitaux. Le temps est sans doute venu de l’entendre à nouveau. Lire la suite
Archives pour la catégorie Économie
[2008] La vision de Bush : la ruine
Au milieu du mois de mai, le Président Bush a voyagé au Moyen Orient pour asseoir plus fermement sa mission dans cette partie du monde qui a été le centre premier de toutes les attentions de sa présidence.
Le voyage avait deux destinations principales, chacune d’elles choisie pour célébrer un anniversaire important. Israël : le 60e anniversaire de sa fondation et de sa reconnaissance par les États-Unis. Et l’Arabie saoudite : le 75e anniversaire de la reconnaissance par les États-Unis du royaume récemment fondé. Ces choix prennent sens à lumière de l’histoire et du caractère constant de la politique des États-Unis : le contrôle du pétrole et l’appui aux acolytes qui les aident à maintenir ledit contrôle. Lire la suite
[2007] Affamer les pauvres : l’éthanol et le prix de la tortilla
La pression à la hausse sur les cours du maïs, qui devient désormais une ressource énergétique avec la filière Ethanol, a provoqué une augmentation de 50 % sur les tortillas au Mexique, déclenchant des protestations parmi les travailleurs agricoles dont c’est l’alimentation de base. Loin des prétentions des thuriféraires de la mondialisation qui la présentent comme un mécanisme ne faisant que des gagnants, la réalité de la domination américaine sur les marchés déstabilise les plus faibles en Amérique Latine. Lire la suite
[2010] Une participation directe à la créativité
Amauta : Alors, je voulais commencer cette interview avec votre voyage récent en Amérique Latine. J’ai entendu dire que vous étiez en Amérique Latine et que vous étiez au Mexique lundi dernier et le week-end dernier. C’était comment ? Juste un avis général. Lire la suite
[2009] Il n’y a plus de sentiment d’espoir
Pour Noam Chomsky, professeur au MIT, la financiarisation de l’économie, l’idéologie « fanatique » de l’efficacité des marchés et le pouvoir croissant du secteur financier ont précipité cette crise. Si celle-ci ne lui paraît pas à la même échelle que la Grande Dépression des années 1930, il estime qu’il y avait alors plus d’espoir dans les catégories modestes.
Né à Philadelphie, il y a quatre-vingts ans, Noam Chomsky est un des dix universitaires les plus cités dans le monde. Fondateur de la grammaire générative, ses recherches ont joué un rôle crucial dans la « révolution cognitive », qui rapproche le fonctionnement de l’esprit de celui d’une machine de traitement de l’information. A la manière d’un Sartre en France, il a mis son immense notoriété au service de combats qui le situent du côté de l’extrême-gauche. Lorsqu’on le rencontre dans son bureau encombré de livres au MIT, dans un immeuble multiformes dessiné par Frank Gerhy, cet infatigable militant paraît apaisé, tranquille, bienveillant. Jusqu’à ce qu’il se mette à parler. Adversaire patenté de George Bush, cet intellectuel de gauche ne ménage pas pour autant ses piques contre Barack Obama, parce que ce dernier ne bousculera pas l’ordre établi que l’éminent linguiste condamne de toutes ses forces. Polémiste vigoureux, critique acerbe de la politique extérieure américaine, il porte un oeil sans complaisance sur la crise actuelle. Celle-ci ne changera rien parce que le pouvoir reste à la botte des financiers, explique-t-il. Il décrit le prolétariat américain dans une situation de désespoir, incapable de s’organiser pour lutter contre les puissances de l’argent. Lire la suite
[2009] L’Otan, la Sécurité sociale et le gouvernement
Question : J’aimerais savoir si vous aviez une opinion sur les actions récentes de l’OTAN et sur les manifestations qui se profilent pour la 60e conférence de l’OTAN, je sais que vous étiez à la contre-conférence pour prononcer un discours. Lire la suite
[2008] Le capitalisme ne peut pas se terminer parce qu’il n’a jamais commencé
Face au débat qui se tient aujourd’hui sur la crise actuelle, nous voulions connaître la version qu’en fait une des voix états-uniennes les plus éminentes de l’analyse et de la critique de son pays et du monde, Noam Chomsky.
Pour le célèbre linguiste, les politiques de dérégulation financière ont rendu le krach inévitable. Si l’ère néolibérale semble sur le point de se refermer, les réformes envisagées ne changeront rien à la structure du capitalisme. La contestation s’organise bien en Amérique du Sud, mais elle devrait encore s’étendre et gagner en force pour bousculer l’ordre établi. Lire la suite
[2008] Les pays pauvres réussissent à échapper à la domination des États-Unis
Question : En décembre 2007, sept pays d’Amérique du Sud ont officiellement lancé la Banque du Sud en réaction à une opposition grandissante à la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et autres Institutions financières internationales. Quelle est l’importance de ce changement et pourrait-il provoquer d’autres réactions dans les pays en voie de développement ? Se pourrait-il qu’un jour l’influence de la Banque Mondiale et du FMI soit totalement remise en cause ? Lire la suite